Billet d’humeur Amalthea : journalistes / attachés de presse, mêmes combats

Billet d'humeur Amalthea : journalistes / attachés de presse, mêmes combats

Depuis la nuit des temps – ce qui, dans la com’, nous ramène à peu près 100 ans en arrière – il est deux métiers qui jouent à « Je t’aime, moi non plus », tout interdépendants et meilleurs ennemis qu’ils sont.

Je parle bien sur ici des attachés de presse et des journalistes. Les premiers trouveront qu’il est souvent difficile de travailler avec les seconds, tant ils sont injoignables et savent se donner, pour certains, des airs de divas ; et les seconds diront des premiers qu’ils ne sont que des empêcheurs d’interviewer en paix, voire des agents de la communication aseptisée.

Et pourtant… leurs enjeux ne sont bien souvent pas si éloignés : de la communication à l’information, ou du faire parler au faire lire. Et dans le contexte actuel de crise de confiance généralisée, leurs combats pourraient même bien se rejoindre. Illustration avec 3 enjeux communs des métiers d’attachés de presse et de journalistes :

1. Créer un contenu de qualité, ça prend du temps

Equipes réduites, exigence de polyvalence, dictature du temps réel … des contraintes partagées par les journalistes dans les rédactions comme par les attachés de presse en agences.

Et pourtant, nous savons tous qu’un article ou un communiqué de presse ne peuvent pas être uniquement considérés comme un nombre de mots jetés sur une page. Pour être de qualité, ils nécessitent d’avoir pris le temps de la réflexion, d’avoir fait de la veille, de s’être construit sa propre culture du sujet.

Des démarches qui prennent du temps. Et le temps, c’est bien connu, c’est de l’argent ! Conclusion : un contenu de qualité a de la valeur, qu’elle se compte en honoraire ou en abonnement.

2. Lutter contre l’ère de l’infox, c’est une responsabilité partagée

A l’ère du tout digital et de la puissance des réseaux sociaux, il est de notre devoir à tous, et tout particulièrement à nous, professionnels de l’information et de la communication, de lutter contre le règne de l’infox qui guette.

Comment ? En pratiquant plus que jamais nos métiers avec le plus grand sérieux et la plus grande déontologie. Pour les attachés de presse, cela passe par une éducation de leurs clients à la relation média (accepter de répondre sans langue de bois, ne livrer que des informations valides, ne pas sombrer dans les demandes de relectures des articles…). Pour les journalistes, cela passe par un retour aux béabas du métier et notamment la vérification des informations, et la transparence vis-à-vis du lecteur sur les formats proposés (publirédactionnels par exemple).

3. Faire des RP, comme du journalisme, c’est un métier

Qui ne s’est pas entendu dire ces derniers temps que pour faire de la com’, il suffit d’avoir un compte twitter, ou que pour couvrir un événement, il suffit d’avoir un bon smartphone ?!

Et bien j’ai un scoop : les RP comme le journalisme, c’est un métier ! Ça veut dire que leurs pratiques nécessitent une somme d’expertise, de compétences, voire d’expériences pour les plus aguerris d’entre nous. Et que l’improvisation n’est pas de mise, n’en déplaise aux apprentis journalistes qui pensent pouvoir prétendre au Prix Albert Londres en envoyant leurs vidéos aux chaînes d’infos continues, ou aux entrepreneurs qui sont persuadés que les relations presse se mettent en place comme une campagne marketing de gestion de leads.

Amis journalistes ou communicants, nous ne sommes pas au bout de nos peines, poursuivons les combats !