Tribune libre ENGIE Axima : « bâtiment intelligent : seule, la donnée n’a aucune valeur ! »

Par | Catégorie Engie Axima | 9 Mai 2019 | Mots Clefs , ,

Raphaël Contamin, Directeur de la BIM Factory ENGIE Axima*

Fin 2018, le « Plan BIM 2022 » prenait le relai du Plan Transition Numérique dans le Bâtiment, pour accompagner les maîtres d’ouvrage autour des outils numériques, et ainsi accélérer la digitalisation du secteur du bâtiment.
Une évidence pour qui, comme moi, oeuvre au quotidien pour l’adoption du BIM** par l’ensemble de la chaîne de valeur du bâtiment, convaincu que le numérique est l’outil qui va enfin permettre d’assurer une continuité entre la conception, la réalisation et l’exploitation du bâtiment.

Mais cette ambition partagée autour du BIM est également l’occasion de rappeler que la transformation numérique ne s’arrête pas à la data et surtout, que la donnée sans intelligence métier ne vaut rien !

Un bâtiment est plus qu’une somme d’installations techniques

On réduit trop souvent la transformation numérique du bâtiment au BIM. Or, un bâtiment combine en réalité aujourd’hui trois types de données.

D’une part, les données statiques de la maquette numérique, donc le BIM, dans laquelle chaque équipement du bâtiment devient un objet numérique. D’autre part, les données dynamiques, issues des capteurs et des automates, qui contrôlent les installations du bâtiment et permettent d’en assurer la maintenance.

Enfin, et surtout, les données humaines, celles des usagers du bâtiment, qui seuls peuvent valider qu’in fine, les installations et les équipements remplissent leur rôle, à savoir : satisfaire leurs besoins.

Pour être efficace, le BIM doit avant tout se mettre au service d’un besoin. Il doit partir de l’expression du besoin des usagers du bâtiment, pour identifier quelles sont les données appropriées pour y répondre, et ainsi pouvoir déployer ses outils pour collecter, structurer, fiabiliser, mettre à jour, et connecter les données avec les différentes interfaces.

La transformation numérique du bâtiment n’est pas (qu’)une affaire de geeks

Si certains ont pu croire que le digital allait remplacer les métiers techniques du bâtiment, c’est à peu près l’inverse qui se passe. Certes, le déploiement de nouveaux outils numériques, dont le BIM, implique l’arrivée de nouvelles compétences digitales, notamment chez les opérateurs de services.

Mais pour répondre aux besoins des usagers, le BIM nécessite surtout de repenser la manière dont on conçoit, dont on construit, et dont on assure la maintenance d’un bâtiment, en s’appuyant sur des binômes « expert digital – technicien métier ».

L’alliance du numérique et du métier va par ailleurs permettre dans les années à venir de décharger les techniciens de certaines tâches peu valorisantes (aujourd’hui, 5% du temps de nos techniciens est passé à ressaisir de la donnée perdue), pour leur permettre de concentrer leurs interventions sur des tâches à valeur ajoutée (par exemple l’optimisation des performances énergétiques des équipements).

Du Musée à l’hôpital, le « BIM intelligent » va transformer nos vies

Ce « BIM intelligent », qui allie la puissance du numérique à l’expertise du métier, va se diffuser dans les années à venir dans tous types de bâtiments, pour permettre de répondre à de plus en plus d’usages.

Pour un établissement culturel comme le Musée du Louvre, par exemple, un des enjeux principaux est la sécurité et le bien être des visiteurs. La maquette BIM peut servir à mieux planifier les flux, en optimisant le positionnement des portiques d’entrée pour éviter les files d’attentes notamment. Les capteurs, eux, sont utilisés pour garantir la bonne conservation des oeuvres, et éviter de retirer son sourire à la Joconde avec une température trop haute ou un taux d’humidité inadapté ! Et la donnée humaine permet d’ajuster la scénographie et les parcours pour permettre un confort optimal des visiteurs.

Dans plusieurs grands centres hospitaliers français, on s’appuie également sur ce « BIM intelligent » pour préparer l’hôpital de demain. Dans cet espace à la fois technique, ouvert et modulable, la maquette BIM permet de s’assurer que les installations sont bien dimensionnées et facilitent la gestion du parcours patient, quand les capteurs surveillent le fonctionnement des équipements, pour garantir la sécurité sanitaire. Les échanges avec les chirurgiens permettent, eux, d’adopter une configuration spatiale des blocs opératoires adaptée à leur pratique.

En bref, et contrairement à l’idée communément admise, la transformation numérique du bâtiment n’a pas tant besoin de spécialistes de la technologie que de spécialistes des usages, car seule, la donnée n’a aucune valeur !

** BIM : Building Information Model ou modélisation des données du bâtiment

* Avec 220 agences en France et à l’international 10 000 collaborateurs et 1,8 milliard d’euros de chiffre d’affaires en 2018, ENGIE Axima, filiale d’ENGIE, propose des solutions innovantes et globales dans le domaine du génie climatique, de la réfrigération et de la sécurité incendie pour répondre aux enjeux de transition énergétique et numérique des entreprises. Dotée d’une capacité d’études unique en Europe composée de 1000 ingénieurs et techniciens, ENGIE Axima possède la maîtrise de l’intégralité du processus, allant de la conception à la maintenance, en passant par la mise en oeuvre et le financement des projets.

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