MINES ParisTech – Portrait de doctorante, Ariane Millot : « Quelles conditions pour faire (enfin) émerger la Transition Energétique ? »

Par | Catégorie MINES ParisTech | 22 Jan 2019 | Mots Clefs , ,

Première école d’ingénieurs en France par son volume de recherche partenariale, MINES ParisTech, membre de l’université PSL, se donne pour ambitions, par la recherche et l’innovation, de répondre aux enjeux scientifiques et technologiques de demain notamment dans les domaines de la transition énergétique et des sciences prédictives pour l’industrie du futur.

Pour refléter cette dynamique, MINES ParisTech vous propose régulièrement de découvrir le portrait et le parcours de doctorants de talent. Aujourd’hui, rencontre avec Ariane Millot, doctorante PSL (Université Paris-Sciences-et-Lettres) au sein du Centre de Mathématiques Appliqués (CMA).

Une étudiante pleine d’énergie

A la suite d’une classe préparatoire scientifique, Ariane choisit d’intégrer, en 2011, le cycle ingénieurs civils MINES ParisTech pour poursuivre ses études dans « une des meilleures écoles d’ingénieurs généralistes françaises ». Ses convictions personnelles sur les questions liées à l’énergie la poussent, dès sa 3ème année à l’Ecole, à se spécialiser, et ainsi choisir l’option « Machines et Energie ».

Son diplôme d’ingénieur en poche, Ariane décide naturellement de travailler dans le secteur de l’énergie. Elle rejoint, en 2014, l’entreprise Dalkia, où elle prend en charge la logistique et le trading court-terme sur les marchés du gaz. Après cette première expérience professionnelle, elle souhaite aller plus loin pour comprendre les véritables enjeux sociétaux liés au changement climatique, et revient ainsi à ses premières amours : la recherche.

Elle démarre alors une thèse au Centre de Mathématiques Appliquées de MINES ParisTech à Sophia Antipolis, sous la direction de Nadia Maïzi, Professeur et Directrice du CMA.

Une thèse pour répondre aux défis liés au changement climatique

Depuis mars 2016, Ariane travaille sur une thèse intitulée « Des conditions de l’émergence de la transition énergétique : France, Suède, Allemagne » qu’elle présentera courant 2019. Par ce biais, elle réfléchit aux solutions qui peuvent être apportées dans la lutte contre le changement climatique, grand défi du 21ème siècle. « L’énergie que nous utilisons doit devenir décarbonée. Or, pour l’instant, le système énergétique français fonctionne en grande partie à partir d’énergies fossiles. Réfléchir à cette transformation radicale représente un défi particulièrement stimulant. »

Ariane travaille sur un modèle technico-économique du système énergétique français, TIMES-FR, développé au Centre de Mathématiques Appliquées depuis 2004. Il permet de représenter le fonctionnement du système énergétique dans ses différents sous-secteurs (bâtiment / chauffage, eau chaude ; transport / voiture train avion : industrie / production des matériaux ; électricité / éolien, nucléaire …), en prenant en compte les coûts des différentes technologies et leurs caractéristiques techniques (efficacité, durée de vie, …). Les trajectoires fournies par le modèle peuvent être comparées à celles fournies par des modèles similaires développés dans d’autres pays d’Europe. La Suède par exemple, est un des pays le plus en avance sur le changement climatique et bénéficie d’un des plus bas taux d’émissions de CO2 par habitant en Europe tout en gardant une forte croissance de son PIB. « Comme quoi il est possible de concilier transition énergétique et développement économique ! Une bourse d’IRIS Etudes Globales de PSL m’a d’ailleurs permis de me rendre en Suède dans le cadre de ma thèse et être au plus proche du terrain. »

Ce modèle prospectif permet de fournir des informations aux décideurs publics, au ministère de l’écologie et à l’ensemble des parties prenantes sur l’évolution du système énergétique et ainsi les guider dans la prise de décision : quels sont les avantages de telles décisions ? à quelles conditions peut-on réaliser tel ou tel objectif ? …

« L’urgence climatique est une réalité, et pour pouvoir prendre des décisions, les pouvoirs publics ont besoin de s’appuyer sur nos recherches. Cependant je dois bien dire qu’en 3 ans de thèse, les choses ne bougent pas aussi vite que ce que l’on pourrait espérer. »

Un avenir entre recherche et politique publique

« Même s’il est difficile de rester dans le secteur de la recherche, cela reste passionnant et déterminant ». Ariane aimerait pouvoir faire l’interface entre recherche et politique publique et ainsi faire le lien entre production scientifique et information des décideurs ; pourquoi pas dans des organisations internationales ou des grandes entreprises en phase avec ses recherches et ses convictions.

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